Marie Durand

Marie Durand (1711-1776) est probablement l’une des plus grandes figures emblématiques des Huguenots. Son jeune âge et les circonstances de son arrestation (elle avait 19 ans et son seul crime était d’être la soeur du pasteur du Désert Pierre Durand) ont marqué le début d’une épreuve qui allait durer près de 40 ans (elle a été prisonnière à la Tour de Constance pendant 38 ans, de 1730 à 1768). Certaines sources affirment qu’elle a été mariée à Matthieu Serres, un homme d’environ 40 ans, apparemment pour sa protection. Toutefois, Marie elle-même, tout comme son père Étienne et Matthieu Serres également, a toujours nié ce fait. La majorité des documents écrits vont aussi dans ce sens. C’est encore à Marie Durand que l’on attribue généralement l’inscription REGISTER (résister, en patois vivarais), gravée sur l’une des pierres de la margelle qui entoure une ouverture en plein centre de la salle des prisonnières dans la Tour de Constance. Pendant toutes ces années de réclusion, Marie Durand a été la conductrice spirituelle des femmes prisonnières avec elle. Dans les mots de Samuel Bastide, « elle se fit [leur] garde-malade inlassable et tendre… elle cousait pour l’une, épelait les lettres d’une autre, écrivait sous la dictée aux amis et aux parents » (Les prisonnières de la tour de Constance, p.43). Marie Durand leur lisait aussi la Bible et les encourageait en puisant dans ses souvenirs des sermons de son frère Pierre, pasteur du désert. Cette femme de foi et de résistance a été enlevée vers son Seigneur au début du mois de juillet 1776, à l’âge de 65 ans, soit à peine 8 ans après sa libération de la Tour de Constance.

BIBLIOGRAPHIE

  • Les prisonnières de la tour de Constance – pages d’histoire protestante, Samuel Bastide, Musée du Désert
  • La Tour de Constance, André Chamson, Edipro
  • Marie Durand, André Fabre, La Cause
  • Marie Durand et les prisonnières d’Aigues-Mortes, Anne Danclos, Éditions Lanore
  • Marie Durand, Daniel Benoît, Edipro
  • Lettres de Marie Durand, Étienne Gamonnet, Nouvelles Presses du Languedoc
  • La famille Durand du Bouschet de Pranles, Frédéric Mayor, Réveil Publications

 

Voici la maison familiale des Durand (façade). C’est ici que Marie Durand a passé les dernières années de sa vie. Aujourd’hui, cette maison abrite le Musée du Vivarais Protestant, dédié à la mémoire de la famille Durand. C’est avec leur cordiale et aimable permission que je publie les photos qui suivent.

La maison des Durand (vue depuis le côté sud) est située au Bouschet de Pranles, près de Privas, en Ardèche.

Vue sur les différentes sections (pièces) de la maison depuis la cour intérieure.

La maison des Durand regorge de meubles et d’articles divers de l’époque (17e et 18e siècles).

Salle à dîner de la maison des Durand.

À droite sur la photo, le manteau de la cheminée où se trouve la fameuse inscription d’Étienne Durand, « Loué soy Dieu, 1696, E.D. » (voir photo suivante).

Inscription d’Étienne Durand, le père de Pierre et Marie Durand, sur le manteau de la cheminée dans la salle à dîner de la maison familiale.

Les greniers de la maison des Durand nous présentent de magnifiques reconstitutions historiques et culturelles.

Plusieurs objets liés à la vie quotidienne de la famille Durand en Ardèche au XVIIe siècle sont présentés dans les différentes pièces de la maison.

La Bible, la Parole de Dieu, était au coeur même de la vie de cette famille de croyants. Elle était leur unique autorité en matière de foi et de conduite.

Arrestation de Marie Durand dans la maison familiale en juillet 1730. Marie a alors 19 ans. Son frère Pierre, quant à lui, sera arrêté, condamné, puis pendu à Montpellier le 22 avril 1732, à l’âge de 32 ans.

(Collection Samuel Bastide, Musée des Vallées Cévenoles, St-Jean-du-Gard)

Plaque commémorative sur la façade de la maison des Durand.

 Marie Durand entre dans la Tour de Constance à l’âge de 19 ans. Elle y demeurera prisonnière pendant 38 ans.

(Collection Samuel Bastide, Musée des Vallées Cévenoles, St-Jean-du-Gard)

Portrait de Marie Durand, dont la robuste constitution avait été ruinée par 38 ans de réclusion et de privations (Bastide).

Tête d’une Cévenole (Étude de Jeanne Lombard). On peut difficilement ne pas s’imaginer Marie Durand en la regardant.